Lettre d'information n°13 - 4 septembre 2009.
70 ans après...

Replongez dans l’atmosphère de l’Exposition internationale de l’Eau qui s’est tenue à Liège en 1939

Dans le cadre des Journées du Patrimoine consacrées cette année au thème « Patrimoine et modernité », nous vous invitons à redécouvrir à travers une exposition de photographies, de documents et d’objets les fastes de la dernière manifestation d’envergure internationale que Liège ait accueillie.

Inaugurée le 20 mai 1939, l’Exposition internationale de l’Eau est une véritable démonstration des prouesses technologiques et scientifiques de son temps. Elle sert d’ailleurs de cadre somptueux à l’inauguration du canal Albert. L’Exposition de l’Eau a aussi pour fonction de redynamiser et d’assurer une meilleure visibilité à la région liégeoise et à la Belgique dans un contexte mondial marqué par une crise économique d’envergure.

De l’actuel pont Atlas au canal Albert, un terrain désert de 60 hectares se couvre en quelques mois d’impressionnants palais et pavillons. Placée sous le signe de la jeune architecture avec l’emploi des techniques les plus modernes, l’Exposition internationale de l’Eau de 1939 suscite l’émerveillement du public venu en masse se distraire au Gay village mosan, au Lido, au parc d’attraction ou encore au jardin zoologique. Jets d’eau, illuminations, spectacles pyrotechniques s'ajoutent à la féerie des somptueux monuments et l’exposition abrite d’innombrables activités culturelles, scientifiques, sportives et récréatives.

Brutalement interrompue en raison du contexte lié au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, l’Exposition de l’Eau subsiste dans la mémoire collective des Liégeois, même si la plupart de ses réalisations ont aujourd’hui disparu. Seul le Grand Palais de l’exposition (l’actuelle patinoire) témoigne encore de l’ambition de la manifestation. Néanmoins, le prochain aménagement du quartier pourrait signifier sa disparition complète. De la même époque subsistent également la statue du plongeur qui orne le port de plaisance, le mémorial du Roi Albert Ier (à l’îlot Monsin) et l’école du Parc Astrid. C’est dans cet établissement, construit par L’Équerre, groupe de l’avant-garde architecturale, qu’aura lieu notre exposition.

Vernissage : le 11 septembre à 18 h.
Ouverture : les samedi 12 et dimanche 13 septembre, de 10 h à 18h.
Lieu : École Léona Plata du Parc Astrid, 3 quai de Wallonie à 4000 Liège (Coronmeuse).
Animations : les deux jours du week-end, le journaliste spécialisé Jean-Pierre Keimeul fera un exposé à 10h30 et 15h. Des visites guidées sont en outre prévues.

Cette exposition est organisée par l’IHOES, l’Institut liégeois d’histoire sociale (ILHS), S.O.S. Mémoire de Liège, Le Vieux Liège, avec la collaboration de Jean-Pierre Keimeul.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, nous vous invitons à lire sur notre site la nouvelle analyse consacrée à cette exposition exceptionnelle, écrite par Jean-Pierre Keimeul.

Enfin, l’exposition s’intègre dans le circuit des Journées du Patrimoine « Du canal Albert à Droixhe : la modernité en bord de Meuse » proposé par S.O.S. Mémoire de Liège et Le Vieux Liège. Le parcours guidé démarrera à 10h et 14h30 de la Patinoire pour une durée d’environ 2 heures.

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Bilan de l'exposition Forces Murales

Voilà. Les pacifiques travailleurs, les personnages accomplissant les augustes gestes de la vie agricole, de la vie quotidienne, les hommes et les femmes en lutte, en marche vers un monde meilleur, les pleurs et les joies de la foule, les victimes et les oubliés, s’en sont allés. La salle Saint-Georges du Musée de l’Art wallon est à nouveau silencieuse... Les couleurs profondes ou chatoyantes de la laine, les gammes de rouges détaillant le sang des ouvriers qu’on fit couler ou les étendards qui s’élançaient au devant des cortèges, les formes dynamiques du peuple en mouvement, celles paisibles du peuple qui songe, tout ça n’est plus. L’exposition Forces murales, un art manifeste, consacrée à Louis Deltour (1927-1998), Edmond Dubrunfaut (1920-2007) et Roger Somville (1923), s’est clôturée le dimanche 23 août dernier.

Leur œuvre, toute empreinte de cet humanisme intemporel et qui portait en plus les espérances de l’après-guerre, n’a laissé personne indifférent. Pendant un peu moins de quatre mois, près de 1700 personnes se sont vues bercer ou secouer par les épisodes de l’histoire sociale belge formant la toile de fond de ces œuvres magnifiques et monumentales. Les commentaires furent élogieux et nombreux furent les messages de félicitations adressés à l’Institut. Notre satisfaction est grande d’avoir su faire apprécier cet art dont on tombe facilement sous le charme lorsqu’on l’a sous les yeux. L’accueil enthousiaste des visiteurs, celui de la presse et des médias audiovisuels ont affirmé haut et fort le succès de cette exposition.

L’exposition Forces Murales n’est pas restée cloisonnée entre les murs du Musée. Elle a donné lieu à plusieurs activités d’éducation permanente dont des visites guidées et réactives en partenariat avec les associations La Braise, Leonardo da Vinci, Peuple et Culture Wallonie-Bruxelles, le Monde des possibles (entre autres dans le cadre du projet Dazibao avec des sans-papiers du centre d’accueil de Manhay). De jeunes graffeurs de Spray Can Arts ont été invités à découvrir, réagir et s’interroger sur les œuvres de Forces Murales. Il en a résulté une « jam session » qui entendait questionner sur le rôle de l’art mural et engagé aujourd’hui. Cette interrogation a aussi servi de fil conducteur à notre table-ronde Espace public, espace d’expression ? Quel art engagé aujourd’hui ?

Plusieurs personnes ont fait part de leur souhait de voir circuler cette exposition. Il est fort probable que, dans les mois ou années à venir, la partie des œuvres de Forces murales que nous conservons soit présentée à nouveau au public, dans un nouveau cadre, dans une nouvelle présentation. Nous vous tiendrons au courant !

Découvrez nos nouvelles analyses en ligne

Outre l’article de J.-P. Keimeul sur l’Exposition de l’Eau précédemment cité, consultez l’article de Camille Baillargeon « Forces murales ou l’artiste dans la cité » qui traite de la manière dont le collectif envisage la démocratisation de la création artistique. Dès la semaine prochaine, vous trouverez sur notre site quatre nouvelles analyses. Poursuivant ses investigations sur la Résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale qui avait notamment abouti à une passionnante étude sur la presse clandestine de Seraing, Micheline Zanatta se penche cette fois sur le service de renseignements mis en place par Joseph Joset, le Service D et sur une forme tout à fait particulière de résistance à l’occupant : le sauvetage des cloches ! Dans « Peindre avec des bombes », Camille Baillargeon livre un historique du graff et, à travers lui, de la dimension politique de l’art de la rue. Enfin, à travers l’exemple des Petits Bonhommes, revue pacifiste et éducative pour enfants des années vingt, Dawinka Laureys montre comment toute publication est le produit de son temps et n’est jamais idéologiquement neutre...

Quelques nouvelles du centre d’archives

Comme annoncé dans une de nos précédentes lettres d’information, l’IHOES occupe depuis quelques mois un nouvel entrepôt (voir photo ci-contre), ce qui lui permet non seulement de réorganiser l’ensemble de ses collections en vue d’améliorer leur consultation, mais aussi de pouvoir accueillir dans de meilleures conditions les nouvelles archives qui lui sont confiées. Notre fonds iconographique s’est ainsi enrichi d’un lot d’affiches issues des milieux associatifs et militants des années 1960-1970 et de dessins et affiches conçus par Jacques Van Russel dans le cadre de conflits sociaux des années 1970 (RCA, grève des éducateurs sociaux...). Ces dépôts sont le fait de Jacques Van Russel lui-même et de Christian Vanderwinnen. Un lot de pièces dialectales et d’archives traitant de thématiques socio-culturelles mais aussi de la condition de la femme nous a également été confié par Yvette Lecomte.

Enfin, depuis plusieurs mois, l’Institut mène avec Solidaris un travail de réflexion destiné à assurer la pérennité des archives de la mutualité socialiste et de ses partenaires. Un tableau de tri a été élaboré avec chacun d’eux et un premier versement de documents historiques (émanant de Solidaris, de la Centrale de Service à Domicile (CSD), de l’agence de voyage Amplitours...) a eu lieu... À suivre donc !

Le travail d’inventaire des collections s’est poursuivi : au cours de l’été, deux fonds ont été introduits dans Pallas : le fonds Joseph Joset (lié au Service D) et le fonds « Sauvetage des cloches ». L’inventaire détaillé du fonds Marcel Deprez est actuellement en cours. Enfin, tous les titres de notre très riche collection de presse clandestine sont à présent encodés dans Pallas.

Institut d'histoire ouvrière, économique et sociale
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